On me demande souvent : quel matériel choisir pour la rando à ski ? Et pour cause : une paire de chaussures ou de skis mal adaptés peut gâcher une sortie ou un séjour entier. L’offre est vaste, les prix parfois décourageants… et ce n’est pas toujours évident d’y voir clair. Dans cet article je vous propose un condensé de conseils tirés de mon expérience et des retours de mes clients au fil des années.
Les chaussures de ski de rando : l'investissement indispensable!
Les chaussures représentent sans doute 60 à 70% de la réussite d’une sortie. Skiabilité et confort avant le poids ! Si vous louez attendez vous à devoir apprivoiser le matériel. Il faudra toujours un temps d’adaptation rarement agréable, et encore moins quand il s’agit d’attaquer la descente sans avoir trouvé vos repères. Ce n’est pas infaisable mais ce n’est ni le plus confortable, ni le plus efficace. C’est pourquoi je vous conseille vivement d’investir dans vos propres chaussures de ski de randonnée dès que possible. Aujourd’hui il existe des modèles polyvalents (typés freerando) capables d’être efficaces aussi bien en montagne que sur les pistes en station, et vous trouverez surement de belles promotions en fin de saison. Pour moi c’est clairement l’investissement N°1 à faire.
Skiabilité :
- Une chaussure assez rigide, qui maintient bien le pied sans le contraindre. Des crochets pour le maintien (plutôt que des scratchs), de la rigidité en flexion pour la skiabilité (la chaussure ne doit pas s’écraser sur elle même), un chausson épais pour le confort et la thermicité (thermoformage conseillé) et un poids contenu (exit les chaussures ultra légères et les enclumes). Votre chaussure va être le lien indispensable entre vos actions (flexions, charges, allègements…) et vos skis. Négliger ce paramètre vous heurtera à une sensation de mauvaise neige, mauvais skis ou encore mauvaise technique de votre part or la plupart du temps le problème vient bien des chaussures : on ne met pas des jantes et pneus de 2 cv sur une Ferrari !
Fonctionnalité :
- Des crochets et un système de vérouillage/déverouillage simple à utiliser, s’imaginer les manipuler en conditions réelles par -10° avec de la neige/glace dedans et des gants au mains (exit les petits ficelous à tirer ou tchitchous à tourner ect…). Simples et efficaces, j’ouvre et je ferme, je déverrouille et je vérouille BASTA!
Confort :
- C’est surement le point le moins évident à sentir. En magasin on sera toujours dans des pantoufles et puis sur le terrain… on aura l’impression d’avoir des sabots aux pieds. Prenez le temps de mettre les pieds une dizaine de minutes dans les chaussures et surtout de marcher avec pour sentir les éventuels point de frottements/compressions et faites un thermoformage si nécessaire (exit la déformation de coque, si vous en êtes réduit à ça c’est que ce modèle n’est clairement pas fait pour vos pieds).
Débattement :
- Une chaussure qui libère assez la cheville pour se rapprocher du mouvement naturel de la foulée et ainsi faciliter l’effort en montée. Le pivotement du collier doit être fluide et sans « résistance » inutile (exit les chaussures avec une très faible amplitude marche/ski). Petit test à faire en magasin : avec les 2 chaussures aux pieds dont une en « marche » et l’autre en « ski » vous devez sentir une différence flagrante (tester et ne pas se fier au angles de pivotement annoncés par les marques).
N’hésitez pas à demander conseil aux vendeurs/vendeuses de votre magasin. Vendeurs qui auront pris la peine de mesurer vos pieds (longueur ET largeur), seront à votre écoute et plutôt dans le questionnement de votre ressenti dans tel ou tel modèle que dans l’incitation à acheter le modèle qu’ ils/elles auront décidé.


Les skis : Les compagnons du plaisir!
Maintenant que vous êtes bien chaussé, avec des chaussures de ski de rando adaptées à votre morphologie de pied et votre confort, il vous faut maintenant trouver les skis qui sauront être à la hauteur de vos ambitions : ce sont eux qui vous accompagneront dans le plaisir de la descente. Pas si simple quand on voit toutes les gammes et la segmentation faite par les marques : difficile d’y voir clair. Résultat, on se retrouve souvent avec des achats pas très judicieux… et ça se ressent vite. Dans les mêmes conditions et à niveaux techniques équivalents, certains profitent à fond quand d’autres galèrent et subissent leur descente. Pour vous faciliter la tâche, je vais réduire le champs des choix à l’essentiel : le plaisir de la glisse ! Des gammes de skis de randonnée qui fonctionnent à tous les coups, fiables et efficaces pour nos conditions de neige européennes, pour que vous puissiez profiter pleinement et ne pas regretter votre achat.
Shape :
- Plutôt classique avec un radius supérieur à 17 m (en dessous les skis perdent en accroche et en précision sur la carre), un cambre classique sous le pied et un rocker spatule pas trop prononcé (exit les modèle au formes farfelues, spatules « gouttes d’eau », cambres plats/inversés). Ce sont les modèles les plus polyvalents et performants dans tous types de neiges avec un comportement assez prévisible, ce qui permet de se focaliser sur la technique ou le terrain quand vous skiez.
Largeur :
- Largeur = portance = confort = plaisir. Avoir des skis trop étroits fera que vous n’aurez que peu de flottabilité et donc subirez la plupart des neiges autres que neige dure ou poudreuse de cinéma. Alors qu’avec de la largeur sous le pied 95% des neiges rencontrées en montagne deviendront plaisantes voir excellentes à skier. J’estime de nos jours qu’un minimum de 90 mm au patin pour des personnes jusqu’à 70kg et 94 mm pour les personnes de plus de 70kg est nécessaire. Avec ces largeurs vous aurez aux pieds des skis confortables, qui passent dans toutes les neiges avec moins d’effort, plus de plaisir et votre technique ne fera que s’améliorer… parole de moniteur de ski !
Rigidité :
- Le flex doit être homogène sur une bonne partie de sa longueur, pas trop ferme mais avec du rebond. Un talon trop raide rendra le ski intolérant et limite inskiable dans les neiges compliquées hormis pour les excellents skieurs alors qu’ une spatule trop souple donnera un ski certes plus accessible mais sans caractère et incontrôlable avec de la vitesse ou en terrain accidenté. Cherchez plutôt un noyau bois (léger ou non) classique avec une légère touche de renfort carbone pour rigidifier la torsion du ski (exit les full carbon et les noyaux avec de l’air ou de la mousse injectée)
Poids :
- L‘argument n°1 des vendeurs, dont il faut se méfier. Un ski trop léger sera forcément plus fragile et aura tendance à « tricoter » pendant la descente, ce qui est très désagréable. Un ski trop lourd aura une excellente skiabilité et solidité mais sera pénible et épuisant à emmener en montagne. Le poids de vos ski doit bien évidemment être contenu (entre 1300gr et 1700gr) mais sans jamais sacrifier la skiabilité car avant tout si vous montez c’est pour vous faire plaisir à la descente. Un ski plus lourd ne vous gênera plus au bout de quelques sorties, un ski trop léger avec moins de skiabilité vous rappellera votre erreur de choix à chaque sortie!
N’ hésitez pas à regarder les tests rédigés par des utilisateurs sur les différents forums de ski (skitour, skipass…), ils seront toujours plus pertinents que les test magazine. Là encore vous trouverez de belles promotions en fin de saisons dans les magasins tels que Le Vieux Campeur, Ekosport, Sport Conrad... ou dans les petits commerces spécialisés, de montagne.



Les fixations de ski de rando : Le dernier maillon de la chaîne.
Pour pratiquer le ski de randonnée ainsi que la freerando, on utilise le plus souvent des fixations à inserts, dits Lowtech. Leur apparence peut sembler intimidante au premier regard, mais ne vous y tromper pas : elles se révèlent redoutablement efficaces. À la montée comme en descente, elles assurent une accroche sûre avec la chaussure et garantissent un déchaussage fiable lorsque la sécurité l’exige. Attention toutefois : la sophistication à outrance de certains modèles peut jouer contre eux. Trop complexes, ils peuvent se révéler moins fiables en conditions réelles, et ça, en montagne, on s’en passerait bien. Plus les fixations seront simplifiées, Plus elles seront fiables et efficaces.
Stopskis :
- Un grand OUI ! Les leashs sur le papier c’est chouette, en réalité c’est très contraignant. À chaque chaussage/déchaussage il faudra être vigilant et à la longue ce n’est pas si pratique. Il faudra tout de même veiller à ce que le système de verrouillage des stopskis soit simple (exit les petits boutons à déclencher et les ficelous à tirer ect…). Il faut vous imaginer faire la manip au sommet dans le froid et avec des gants même fins sur les mains.
Butée avant :
- Simples, deux « branches » avec les inserts et une manette d’ouverture ou verrouillage de la butée. Les système sans ressorts ou à glissière sont de loin les plus fiables (Skitrab Titan Vario 2, Fritschi Xénic) car aucun déclenchement intempestif n’est possible.
Butée arrière :
- Évitez les « usines à gaz » trop complexes, une butée doit juste avoir deux ergots qui s’insèreront dans la chaussure, des cales de hauteur qui se mettent en place plus ou moins facilement suivant les modèles et un réglage DIN (déchaussage). Optez pour un modèle avec réglages de longueur de chaussures sera judicieux car les chaussures de même pointure ont une longueur de coque différente et il faudra alors repercer les skis en cas de changement de chaussure. Les modèles avec une élasticité de la butée arrière sont préférables car elles permettent au flex du ski de rester actif et évite les casses de ski en cas de forte compression de ce dernier.
Poids :
- Ne vous encombrez pas de poids inutile, les modèles de fixations de ski de rando pesant entre 250 et 400 grammes sont largement assez efficaces et fiables. Certains vendeurs utiliseront l’argument « sécurité » pour vous vendre des fixations beaucoup trop lourdes et complexes d’utilisation. Toutes les fixations vendues en magasin ont des normes CE rigoureuses, la sécurité de déchaussage se jouera surtout sur les réglages de l’ensemble fixations + chaussures.
Il faudra bien vérifier la compatibilité des couteaux (crampons à ski) avec vos fixations car certaines marques n’acceptent que leurs propres modèles.
Pour ce qui concerne les bâtons de ski de rando c’est assez simple, tout sauf les bâtons en carbone qui sont très fragiles (en cas de chute) et sont quasiment impossibles à bidouiller/réparer. Il faudra veiller à ce qu’ils ne soient pas trop petits, qu’ils aient une rondelle large pour plus de portance dans la neige et que vous les trouviez confortables. Une paire de bâtons alu avec une rondelle poudreuse et une poignée longue fera amplement l’affaire.





